Cyril Diederich : Certainement pas car un chef d'orchestre est responsable d'un groupe humain d'une sensibilité exacerbée et parfois incontrôlable. Pour beaucoup le chef d'orchestre exerce son leadership car il est 'chef', or en réalité il n'est chef que de sa baguette, il n'obtiendra son leadership que s'il est capable de convaincre musicalement et canaliser humainement.
VB : On a tous en tête des grands chefs d'orchestre comme Karajan, dont le charisme et l'autorité ne semblaient pas faire l'ombre d'un doute et pour lesquels l'art de convaincre et d'inspirer le 'dragon à 100 têtes' semblait se limiter à simplement ... être là! c'est toujours pareil aujourd'hui?
CD: Aujourd’hui cela ne marche que si on résout avec rapidité les points techniques qui ne peuvent être une fin en soi, mais seulement une porte qui s'ouvre sur le rêve.Nous devons faire rêver notre orchestre!
VB : Le chef d'orchestre est donc un 'Roi Nu', alors, comment faites vous, pour faire en sorte que vos musiciens donnent du meilleur d'eux mêmes alors qu'ils répètent sans cesse la même partition ?
CD : Plus il y aura de rêve, jusqu'à l'utopie même, plus nous aurons l'adhésion des musiciens, puisque nous allons les extraire d'une forme de routine de la vie quotidienne d'un orchestre. Nous devons leur proposer une évasion spirituelle, affective autour d'un compositeur, d'une œuvre, qui sera en quelque sorte créée 2 fois, qui prendra sa signification concrète et émotionnelle grâce à l’interprétation physique du chef et de l'orchestre.
... ceux qui nous connaissent auront donc bien compris pourquoi j'aime travailler avec Cyril Diederich pour imaginer de nouvelles conférences, ceux qui ne nous connaissent pas encore et bien.... savent comment nous joindre ;)